1. Définition

Le mouvement rectiligne uniforme (MRU) est le mouvement le plus simple de toute la mécanique. Deux conditions suffisent à le définir :

Définition

Un objet est en mouvement rectiligne uniforme (MRU) si et seulement si :
— sa trajectoire est une droite (rectiligne),
— sa vitesse est constante en valeur et en direction (uniforme).

Conséquence directe : l'accélération est nulle — le vecteur vitesse ne change pas.

Un satellite très loin de toute planète, une puck de hockey sur glace parfaite, un photon dans le vide interstellaire — voilà des MRU. Dans la vie de tous les jours, le MRU est une idéalisation : il n'existe jamais parfaitement à cause des frottements. Mais c'est le point de départ de toute la mécanique.

2. L'équation horaire — x(t)

L'équation horaire donne la position de l'objet à chaque instant t. Pour un MRU sur l'axe x, elle se déduit de v = Δx / Δt : si la vitesse est constante, la position évolue linéairement avec le temps.

x(t) = x0 + v · t Équation horaire du MRU · x₀ = position initiale (m) · v = vitesse (m/s) · t en secondes

C'est l'équation d'une droite : sur un graphe x(t), le MRU donne toujours une droite. La pente de cette droite, c'est la vitesse v. L'ordonnée à l'origine, c'est x0.

3. Les trois graphes caractéristiques
Trois graphes x(t) droite oblique, v(t) droite horizontale, a(t) zéro
Fig. 1 — Signatures graphiques du MRU : x(t) droite · v(t) constante · a(t) = 0
GrapheFormeCe qu'on lit
x(t) Droite oblique Pente = vitesse v. Ordonnée à l'origine = x₀.
v(t) Droite horizontale Vitesse constante. La hauteur de la droite = valeur de v.
a(t) Droite sur l'axe (= 0) Accélération nulle à tout instant.
4. Lien avec la 1ère loi de Newton

Le MRU est intimement lié à ce que Newton appellera plus tard son principe d'inertie (fiche 19) : un objet reste en MRU — ou au repos — tant qu'aucune force ne vient modifier son état de mouvement. En d'autres termes :

MRU ⟺ a = 0 ⟺ ΣF = 0 Équivalence fondamentale — à retenir pour Newton (fiche 19)
⚠️ Attention classique

Un objet en MRU n'est pas "au repos" — il peut très bien se déplacer à 300 km/h. Le repos est un cas particulier du MRU avec v = 0. Ce qui caractérise le MRU, c'est que la vitesse ne change pas, pas qu'elle est nulle.

Ne pas confondre x₀ et v sur le graphe x(t) : x₀ est l'objet se trouve à t = 0 (ordonnée à l'origine), v est à quelle vitesse il se déplace (pente de la droite).

💡

Moyen de vérification rapide : si tu as un tableau de positions prises à intervalles réguliers, c'est un MRU si et seulement si les différences consécutives Δx sont toutes égales. Égalité des Δx ↔ vitesse constante ↔ MRU. (Tu as déjà fait cet exercice en F04 !)

5. Pour aller plus loin
⚡ Hors-programme — pour les curieux

Le MRU est universel dans un référentiel galiléen — un référentiel en mouvement rectiligne uniforme lui-même (ou au repos). Dans un référentiel accéléré (une voiture qui freine, un manège), des forces fictives apparaissent : la force centrifuge, la force de Coriolis. Ces forces n'existent pas vraiment — elles sont l'artefact du fait qu'on décrit le mouvement depuis un mauvais référentiel. Einstein a poussé cette idée à l'extrême : il n'existe pas de "bon" référentiel absolu. Tout est relatif. 🌀

✏️ Exercice — Le train

Un train part de la gare (x0 = 0 m) et roule à 72 km/h en MRU sur une voie rectiligne.

1. Convertir 72 km/h en m/s.
2. Écrire l'équation horaire x(t).
3. Calculer la position du train à t = 30 s et à t = 2 min.
4. À quel instant le train se trouve-t-il à x = 2 700 m de la gare ?

Voir la correction

1. v = 72 / 3,6 = 20 m/s

2. x(t) = 0 + 20 · t → x(t) = 20t (en mètres, t en secondes)

3. À t = 30 s : x = 20 × 30 = 600 m
À t = 2 min = 120 s : x = 20 × 120 = 2 400 m

4. 2 700 = 20 · t → t = 2 700 / 20 = 135 s = 2 min 15 s